PRÉSENTATION DE LA BRETAGNE

Breve histoire de la Bretagne

Les découvertes archéologiques ont montré que l'Armorique était déjà habitée il y a 600 000 ans. Les cairns, dolmens, menhirs et autres tumulus remontent pour leur part entre 6000 et 2500 ans av. J.-C.. Cinq peuples celtes occupent l'Armorique, les Osismes (en Finistère), les Coriosolites (en Côtes d'Armor), les Riedones (autour de Rennes), les Nanmètes (autour de Nantes), les Vénètes (autour de Vannes) lorsque les Romains envahissent la Gaule 50 ans avant J.-C. Les V', Vl et VII, siècles voient l'arrivée des Celtes de Grande-Bretagne et les sept saints fondateurs. La religion druidique disparaît au profit du christianisme. En 799, Charlemagne soumet toute la Bretagne. Nominoë, élevé au rang de duc par Louis le Pieux se libère du joug franc en 845 en se battant contre Charles le Chauve. Son fils, Erispoë prend le titre de roi. La Bretagne est victime de nombreuses invasions normandes aux IX", et XI` siècles. En 939, Alain Barbe Torte, le dernier roi des Bretons, chasse les derniers Normands. La Bretagne qui a le statut de duché entre en 1341 dans une période de conflit avec l'ouverture de la guerre de Succession à la mort du duc Jean 111. Celle-ci est revendiquée par Jeanne de Penthièvre, sa nièce et épouse de Charles de Blois, allié aux Français et par son frère Jean de Montfort que soutiennent les Anglais. C'est ce dernier qui prendra le titre de duc Jean IV à la mort de Charles de Blois à la bataille d'Auray en 1364. Le traité de Guérande garantit alors la paix. Anne de Bretagne, bien que mariée aux rois de France Charles VIII puis Louis XII, s'est toujours battue pour l'indépendance du duché. L'intégration dans l'état français s'est faite en 1532 à la suite du mariage de sa fille, Claude, et de François d'Angoulême, futur François 1er.

La physionomie du pays

À l'extrême pointe de l'Europe, la Bretagne est le pays de la Mer, « l'Armor », avec près de 1 700 kilomètres de côtes dont 60 % sont des falaises plus ou moins élevées. Les paysages les plus sauvages se trouvent le plus à l'ouest. Au nord, en Ille-et-Vilaine, la baie du Mont-Saint-Michel dévoile un univers de sable, Du côté du Morbihan et de la Loire-Atlantique se découvrent également d'immenses plages. Le massif armoricain est apparu à l'ère primaire, il y a environ 600 millions d'années, formant de hautes montagnes qui se sont aplanies à l'ère secondaire. À l'ère tertiaire, le massif armoricain a de nouveau connu une légère surélévation. La fonte des glaces et la montée des eaux à l'ère quaternaire ont remodelé le paysage et ont entraîné, notamment du fait de l'immersion des vallées, la création des Abers au nord du Finistère. Les « montagnes », comme on les appelle ici, sont aujourd'hui de très faible altitude. Dans le Finistère, le sommet des Monts d'Arrée, Roc'h Trévézel, culmine à 384 mètres. Le Mont Saint-Michel de Brasparts et le Ménez-Hom sont compris entre 330 et 380 mètres d'altitude. En Côtes d'Armor, c'est le Menez Bré qui s'élève à 302 mètres. Le massif armoricain se devine aussi sous le nom de Montagnes Noires, une petite chaire qui court d'est en ouest du Finistère au Morbihan. Les landes du Mené (22) et les landes de Lanvaux (56) ont aussi des reliefs bien marqués. Cette Bretagne des Hautes Terres offre des paysages sauvages de lande, d'ajoncs et de bruyère d'où émergent des crêtes schisteuses.
Au-delà de Saint-Brieuc et Paimpont, vers l'ouest, on entre dans une zone de plaine.

Les marées

Jeu subtil de la lune, le phénomène des marées renouvelle continuellement la physionomie des plages, des ports et des grèves de Bretagne. Toutes les six heures, la mer revient et se retire, plus ou moins loin, plus ou moins haute, selon le jeu des coefficients avec toujours une période de latence, l'étale, entre le flux et le reflux. Lors des grandes marées, la mer qui prend le large à des distances incroyables laisse la place aux pêcheurs à pied ou aux travailleurs de la mer : ostréiculteurs et mytiliculteurs. Les plus fortes marées sont enregistrées au Mont-Saint-Michel. La légende de la mer qui revient à la vitesse d'un cheval au galop témoigne de la prudence qu'il faut savoir exercer. Ne manquez donc pas de vous renseigner sur les horaires de marées des différents lieux où vous vous trouvez.

La langue bretonne

Le breton n'est pas un patois mais une langue à part entière. À partir du Vle siècle, l'implantation en Armorique d'émigrants venus de la grande Île de Bretagne fuyant les envahisseurs anglo-saxons crée une communauté de civilisation. De cette fusion émerge une nouvelle langue appartenant à la grande famille des langues celtiques, ressemblant d'ailleurs au gaélique et au cornique (langue de la Cornouailles britannique). Elle fleurit dans les cinq départements bretons avec cependant des différences dialectiques ; ainsi le breton ne se parle pas de la même façon dans le Finistère et dans le Vannetais. Dans le Finistère lui-même se distinguent également mais moins profondément le Cornouaillais, le Léonard et le Trégorrois. À l'est de l'axe Paimpol-Vannes, c'est le gallo, un dérivé de la langue d'ôil, qui était principalement parlé. Les régions de l'est de la Bretagne furent les premières à délaisser le Breton au profit du Français du IX`, au XVI`, siècle. Après une période de déclin, on assiste depuis 1951 à un renouveau, les textes législatifs ayant remis à l'ordre du jour l'introduction de la culture régionale dans les écoles, de la maternelle à l'université. Puis 1977 voit la création de l'école bilingue français-breton par l'association Diwan. On estime aujourd'hui à plus 650 000 le nombre de personnes comprenant le breton dans sa zone naturelle.
Petit lexique
Bara : pain ; gwin : vin ; dour : eau ; kena­vo : au revoir ; marin goz : grand-mère ; an tad : le père ; ar vam : la mère ; an fi : la maison ; ar mor : la mer ; bouton coat sabot de bois ; butun : tabac.
Signification des noms de lieux
Plou, plo, pieu désignent la paroisse ainsi Ploudiry signifie la paroisse des chênes ; Plouguer (du breton caër) : la paroisse du lieu fortifié. Guic désigne le bourg. Guimiliau signifie le bourg de Saint-Miliau. Lan désigne le monastère. Landerneau signifie monastère de Saint-Ernoc et Lanmeur : le grand monastère. Ker désigne le village. Kermaria : le villa­ge de Marie.
Quelques noms de famille
Le Bihan : le petit ; Le Coz : le vieux ; Le Gwen : le blanc ; Le Fur : le sage ; Le Hénaff : l'aîné ; Quemener : le tailleur.

Costumes et coiffes

Quand on sait qu'il existe en Bretagne, ne serait-ce qu'entre les coiffes de travail et celles de fêtes, plus de mille variétés, il serait vain de prétendre recenser ici les soixante-dix principales modes vestimentaires présentes dans la région. Cette étonnante diversité ne procède pas d'une tradition immuable mais remonte à un siècle ou deux avant la Révolution. Jamais figé, le costume évolue progressivement pour connaître au XIXe, siècle ce foisonnement de surenchères décoratives qu'on lui connaît encore aujourd'hui.
C'est à cette époque qu'une multitude de broderies chargées de symboles viennent se greffer sur les vêtements. Outre leur fonction esthétique, elles exprimaient aussi une manière d'appartenance à une commune ou un « pays ». On pouvait ainsi lire sur les vêtements de son propriétaire qui il était, d'où il venait ou encore en quoi il croyait. La mode bigoudène est la plus connue. Elle consiste en cette fameuse longue coiffe de trente centimètres de haut et ce superbe habit d'or brodé de « plum paon ». Parmi les plus belles coiffes, il faut retenir celle de Pont-Aven et de Fouesnant dont les ailes gaufrées sont joliment recourbées. Mis à part quelques rares et dignes vieilles dames qui ne se sont jamais départies de la coiffe de leur jeunesse, il est clair que les costumes bretons ne sont guère visibles aujourd'hui que dans les musées et lors des fêtes folkloriques où l'on entend faire perdurer la tradition.

Le mobilier traditionnel

Lits clos, armoires, vaisseliers... les intérieurs bretons mettaient autrefois l'art du bois à l'honneur. Massifs, sculptés, moulurés, cloutés, en chêne ou en châtaignier pour la plupart, ils révèlent l'âme des différents pays de Bretagne.
L'agencement des maisons bretonnes a toujours suivi un ordre rigoureux. Les meubles s'alignaient sur toute la longueur de la pièce du côté opposé aux fenêtres. Cette disposition en série, appe­lée le Trustel, commandait aux formes des lignes carrées, des montants droits. Accolés les uns aux autres, ils formaient un « tout ».
Le lit clos ou le « gwele kloz » reste indéniablement l'un des maîtres des meubles bretons. S'il n'est pas spécifique à la Bretagne, c'est quand même ici qu'il fut le plus répandu. Il procurait durant la nuit une certaine intimité à ceux qui dormaient dans la même pièce. Il était aussi reconnu pour protéger du froid. Complètement fermé sur quatre côtés, il s'ouvrait par une ou deux portes coulissantes selon son appartenance au Léon ou à la Cornouaille. La plupart ne comprenaient qu'un étage mais certains pouvaient en avoir deux. Des fleurs, des attributs religieux, des rosaces ornaient les montants. Les motifs symboliques représentaient en fait une forme de protection contre les démons de la nuit et une bénédiction pour la procréation. Le lit demi clos avec une ouverture au centre était surtout fréquent dans le Morbihan. Un banc coffre au pied du lit servait à la fois de marchepied pour accéder au confort douillet des couettes, de support pour le berceau, de coffre de rangement pour les vêtements mais aussi de siège. D'immenses coffres à grains se trouvaient également dans les fermes et les manoirs. On y entassait les récoltes de blé et de sarrasin. Les armoires, dont les dimensions prirent de l'ampleur entre le XVIIP et le XIXe siècle se caractérisaient par la petitesse des portes et une grande sobriété en général. La bonnetière, plus étroite, ne comprenait qu'une seule ouverture. Les buffets, très rares jus­qu'au XIXe, suivaient en général le même schéma : trois portes en haut, deux portes en bas et au milieu deux ou trois tiroirs. Les vaisseliers se répandirent surtout à la fin du XIXe. Bordant les étagères, une succession de fuseaux formaient des galeries ajourées mettant en valeur les assiettes. Les tables, quant à elles, avaient la particularité d'être également des coffres. Un plateau débordant recouvrait ce qui servait alors de huche ou de garde-manger.

Chaque meuble, par son ornementation, révélait son appartenance à un pays. Les meubles de Basse Bretagne, plus massifs, avaient des lignes beaucoup plus carrées qu'en Haute Bretagne où le mobilier avait déjà subi l'influence française. Les principales marques de décoration les fuseaux, cercles moulurés, gâteaux, marqueterie et têtes de clous en cuivre faisaient office d'indications.

Danse et musique traditionnels

La musique traditionnelle se divise en deux genres principaux celle qu'on chante et celle qu'on joue.
La musique chantée présente quatre variations. Tout d'abord le kannen : le cantique. On y trouve pêle-mêle des airs populaires sur lesquels on a adapté des paroles religieuses mais aussi des airs importés d'autres provinces par les prêtres. Ils sont toujours chantés lors des messes en breton lors des pardons. Plus profane, la sonnen, un genre ludique, gai et animé, est le répertoire des chansons à boire mais aussi grivoises et satiriques. La gwerz, elle, est une complainte souvent tragique où le chanteur se fait conteur. La chanson à danser est symbolisée par ce fameux chant alterné que l'on appelle le kan a diskan (chant et déchant) : deux chanteurs, un peu à la manière du canon, se renvoient des phrases très rythmées.
La musique instrumentale est le royaume du sonneur et notamment du couple biniou-bombarde, indissociable de la musique bretonne depuis le XIXe siècle. Les bagadou se composent généralement de huit bombardes, autant de binious, quatre caisses claires, deux toms et une grosse caisse. Les concerts se multiplient et le championnat national de bagadou attire des milliers de personnes.
La danse bretonne reflète un esprit communautaire très vivace. Ce sont pour la plupart des danses collectives. Issues d'un terroir, elles portent souvent des noms locaux : gavotte du Bas Léon, suite gavotte de Huelgoat. La gavotte, la ronde et la danse plinn constituent les trois familles principales. Les pardons, les foires, les noces étaient l'occasion de danser mais également tous les rassemblements dus aux travaux des champs : battages, arrachages... Les festou-noz, fêtes de nuit en breton, connaissent depuis quelques années un engouement très marqué auprès des jeunes. De gavottes en plinns, les instruments traditionnels vibrent mais aussi les flûtes traversières, les violons, les guitares électriques et les percussions. Les cercles celtiques, particulièrement nombreux, se produisent très souvent lors des fêtes folkloriques.
La musique bretonne est toujours dans l'air du temps. Gilles Servat, Tri Yann, Alan Styvell, Yann-Fanch Quemener mais aussi Denez Prigent sans oublier Dan ar Braz et l'héritage des Celtes et bien d'autres encore ont su adapter la tradition et l'intégrer aux courants contemporains.
Ne manquez pas les grands festivals. Le festival de Cornouaille à Quimper, la fête des Filets Bleus à Concarneau, la fête de la Saint-Loup à Guingamp, le festival interceltique de Lorient.

La littérature bretonne

Du Xle au XVI, siècle, la poésie l'emporte sur la prose qui se consacre plutôt à des sujets religieux ou historiques. Marie de France et ses célèbres lais est la pre­mière poétesse bretonne. Au XII' siècle se développe le roman breton.
L'exploitation de la Matière de Bretagne donne naissance à la littérature arthu­rienne : Tristan et Yseult, Lancelot, Erec et Enide, les chevaliers de la Table Ronde... Aux XVe et XVI, siècles se dis­tinguent les historiens Pierre Le Baud, Alain Bouchard, Bernard d'Argentré ainsi que le grand rhétoriqueur Jean Meschinot (1422-1491), connu pour ses ballades. La marquise de Sévigné (1626-1696), au château des Rochers, près de Vitré, se montrera une remar­quable épistolière. Lesage (1668-1747), auteur de Gil Blas de Santillane, marquera la littérature picaresque du XVllle siècle. Charles Pinot Duclos (1704­1772), le Dinannais, historien, romancier, moraliste et Elie Fréron (1718-1776), l'illustre critique quimpérois feront également honneur au siècle des Lumières. Le XIXe siècle voit éclore de très nom­breux talents : François-René de Chateaubriand (1768-1848) qui passa son enfance au château de Combourg, les frères Lammenais, Jean et Félicité, Ernest Renan (1823-1892), auteur notamment de la Vie de Jésus et dont on découvre la maison d'enfance à Tréguier. Le Gonidec rédige en 1807 une grammaire celto-bretonne. Hersart de la Villemarqué publie en 1839 le Barzaz Breizh, un recueil de chants populaires qui fait référence. Auguste Brizeux (1806-1858) et Tristan Corbières (1845­1875) sont deux poètes majeurs. Quant au célèbre Nantais Jules Verne (1828­1905), on ne peut que s'incliner devant la richesse de son imaginaire. Anatole le Braz (1859-1936), Charles Le Goffic, Théodore Botrel, Saint-Pol-Roux qui s'installa à Camaret en 1904, Max Jacob, le poète quimpérois surréaliste (1876-1944), Louis Guilloux, le briochin, Jakes Riou, René-Guy Cadou, Henri Queffelec, Pierre Jakez Hélias ont chacun, à leur façon, marqué la littérature bretonne du XXe siècle.

Le patrimoine

L'art mégalithique

Les mégalithes sont élevés à l'époque néolithique sur une période qui s'étend de 4500 ans à 2000 ans av. J.-C. Durant cette période, le mode de vie des hommes évolue de façon radicale. Chasseurs-cueilleurs jusqu'alors, ils s'essaient à la culture, l'élevage, le tissage et à la poterie. C'est le début de la sédentarisation. La société s'organise.
Les dolmens constituent leurs monuments funéraires. Formés d'une ou plusieurs chambres situées au bout d'un couloir, les dolmens étaient à l'origine recouverts d'une butte de pierre à murs à degré qui les dissimulaient. On leur donne alors le nom de cairn. Les tumuli en terre recouvraient la chambre funéraire sans couloir d'un personnage important. Les menhirs isolés, grandes pierres dressées- les plus hautes pouvant atteindre 10 à 12 mètres, 20 mètres même pour le grand menhir brisé de Locmariaquer !- demeurent toujours énigmatiques. Symboles religieux ? Points de repère ? Élevés à la fin du néolithique et à l'âge de Fer, ils font toujours l'objet de cultes païens avant la christianisation. Certains seront par la suite surmontés d'une croix. Les alignements conservent également les secrets de leur édification. Lieux de cérémonie ? Relation avec les astres ? Symbolisme de la fécondité ? Mystère. Les crom­lec'h, menhirs disposés en cercle ou demi-cercle laissent également libre cours à d'autres suppositions. Sites mégalithiques importants : Carnac (56), Erdeven (56), Locmariaquer (56), Gavrinis (56), Monteneuf (56), Crozon (29), Plouarzel (29), Plouézoc'h (29), Pleumeur-Bodou (22), Esse (35), Saint-Just (35), Saint-Nazaire (44).
L'art religieux
La Bretagne compte le plus grand nombre de monuments religieux d'Europe ! Croix, calvaires, églises, abbayes, collégiales, basiliques, cathédrales... témoignent de quatorze siècles de traditions religieuses. Disséminées dans la campagne, les chapelles, souvent en forme de croix latine, s'intègrent parfaitement au site qui les a vu s'élever un vallon ou une colline, un village... Elles forment la base de l'architecture religieuse de la région. La période romane, même s'il est vrai qu'en Bretagne elle s'est montrée tardive et que, depuis, nombre d'édifices ont été détruits ou transformés, n'a pas été occultée. Ainsi des Xle et XII siècles subsistent notamment l'abbatiale de Redon, l'abbatiale de Quimperlé, la tour de la cathédrale de Tréguier, l'église de Merlevenez, la façade de l'église Saint Sauveur de Dinan... Mais la liste serait trop longue à détailler. Notez lors de vos visites la beauté des chapiteaux sculptés particulièrement stylisés.
Les premiers édifices gothiques voient le lotir à la fin du XII, siècle, les maîtres bretons s'inspirant des constructions normandes, puis anglaises pour créer leur propre style. L'abbaye de Beauport à Paimpol, les cathédrales de Dol, Saint-Pol-de-Léon, Quimper, en sont quelques exemples très réussis. C'est entre la fin de la guerre de Succession de Bretagne et le XVlle siècle que le nombre des chapelles s'accroit considérablement. La foi, mais aussi la réussite commerciale et les donations ducales concourent à l'émergence de cette multitude d'édifices. Une paroisse pouvait compter jusqu'à douze chapelles. C'est le temps des chefs d'oeuvre de l'art flamboyant, des grands sculpteurs et des superbes vitraux. L'église de Runan, la basilique du Folgoët, la façade du Kreisker à Saint-Pol de Léon témoignent de cet art de la finesse et de l'élégance qui s'inscrit dans la pierre. C'est aussi l'apparition du fameux clocher-pignon ajouré que couronne une petite flèche.
Les enclos paroissiaux
La construction d'un enclos paroissial obéit à une règle stricte : il doit être composé de quatre éléments indispensables : une entrée monumentale, un calvaire, un ossuaire, une église. Le mur d'enceinte qui en fait le tour justifie alors l'appellation et marque le point de jonction entre le monde des morts et celui des vivants, le sacré et le profane. Le Finistère, c'est l'une de ses particularités, compte une soixantaine d'enclos dont les plus beaux sont concentrés dans la région du Léon et notamment à Saint­Thégonnec, Guimiliau,             Lampaul­ Guimiliau, Bodilis mais aussi à Pleyben et à Plougastel. L'exubérance baroque, la profusion des ors, la richesse des sculptures peuvent surprendre dans ces petits bourgs du nord Finistère. En fait, cela s'explique par la grande prospérité liée au commerce de la toile aux XVI` et XVlle siècles. Une prospérité qui se double d'une grande ferveur religieuse et d'une envie de rivaliser avec les bourgs voisins. Les Côtes d'Armor en recensent une quinzaine tandis que, dans le Morbihan, on n'en compte seulement deux.

Les cités de caractère

La Bretagne est riche en Villes d'art et d'histoire et Petites cités de caractère. Ces lieux authentiques dispersés aux quatre coins de la région témoignent du passé de la Bretagne et de son identité.

Les pardons

Manifestations de ferveur religieuse, les pardons sont légions en Bretagne. Les plus importants se déroulent:
• dans le Finistère à Sainte-Anne-la­Palud (dernier dimanche d'août), au Folgoët (1 Il dimanche de septembre ou le 2' quand le 8 est un dimanche), à Rumengol (dimanche de la Trinité et le 15 août), à Saint-Jean-du-Doigt et Plouguerneau (dernier dimanche de juin), à Locronan (petite troménie le 2e dimanche de juillet), à Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix (Le 15 août),
• dans les Côtes d'Armor : à Tréguier (3' dimanche de mai), pèlerinage islamo chrétien à la chapelle des Sept Saints au Vieux Marché (les 4" samedi et dimanche de juillet), à Notre-Dame de la Clarté à Perros-Guirec (le 15 août),
• dans le Morbihan : à Sainte-Anne­d'Auray (le 26 juillet), à Quelven (le 15 août), à Josselin (le 8 septembre). C'est parfois l'occasion d'assister à de belles processions en costumes bretons avec des fidèles portant de nombreuses bannières La messe y est, en certains endroits, dite en breton.

Les parcs naturels régionaux

La Bretagne compte 2 parcs régionaux. Le Parc naturel régional d'Armorique s'étend sur 172 000 hectares dans le Finistère (112 000 ha. espaces terrestres, 60 000 ha. espaces maritimes) et présente une grande richesse de paysages : les îles de la mer d'Iroise : Ouessant, Sein et Molène, la presqu'île de Crozon, l'Aulne maritime, les Monts d'Arrée. Le syndicat mixte créé en 1969 réunit 39 communes rurales.
Le parc naturel régional de Brière, créé en 1970, couvre 40 000 hectares et comporte 18 communes adhérentes. Second marais de France après la Camargue, le marais de Grande Brière est un site préservé comprenant une mosaïque de canaux où il fait bon se promener en chaland. L'avifaune et la flore exceptionnelles ont permis de faire classer la zone au patrimoine international de l'UNESCO.

La gastronomie

Qui ne connaît pas les fameuses crêpes bretonnes de par les crêperies qui fleurissent aux quatre coins de France, si ce n'est du monde. Galettes de blé noir agrémentées d'oeuf, de jambon ou de fromage « La complète «, ou encore de délicieuses coquilles Saint-Jacques ou de chèvre chaud, les mariages du goût se déclinent à volonté. La crêpe de froment, à la garniture sucrée, est tout aussi appétissante. Pour les déguster, l'inévitable cidre. Le cidre de Cornouaille est doté d'une A.O.C. C'est un cidre fermier issu d'une tradition millénaire. Néanmoins, d'autres régions de Bretagne produisent également un excellent cidre : Morlaix, Hennebont ou encore le Val de Rance. Le chouchen, autre boisson fort appréciée, est un alcool à base de miel. Autrefois réputé pour « tomber raide », il s'est aujourd'hui fort adouci et peut, suivant ses déclinaisons, se boire comme vin de table. Parmi les plats roboratifs, le kig ha farz est une sorte de pot-au-feu servi avec une semoule cuite en sac dans le bouillon. Le far ou le kouign amann, un gâteau à base de pâte à pain, de beurre et de sucre, sont également fort appréciés. Mais il n'y a pas de cuisine bretonne sans les richesses issues de la mer. Tourteaux, araignées, langoustines, coquilles Saint-Jacques, huîtres ou encore homards sont à l'honneur sur les bonnes tables sans oublier toute la gamme des poissons que l'on peut même accommoder avec des algues. Les fruits et légumes cultivés dans la région ne sont, bien sûr, pas absents des tables. On y retrouve le chou-fleur, l'artichaut, la pomme de terre, l'oignon, la carotte... Ici la cuisine se fait traditionnellement au beurre salé : une saveur qui relève à la fois les plats et les desserts sans oublier les bonnes tartines du goûter. Les conserves demeurent une tradition fortement ancrée depuis le XIXe siècle. A Quiberon, Belle-Ile, Concarneau, Douarnenez, Quimper... on met toujours sardines, thons et maquereaux en boîte, à l'ancienne, mais aussi selon une multitude de recettes au goût du jour. Certaines villes ont leur spécialité : la frai­se de Plougastel, les huîtres de Cancale, les marrons de Redon, l'andouille fumée de Guémené-sur-Scorff, les galettes de Pont-Aven, la langoustine de Loctudy, le coco (haricot blanc demi-sec) de Paimpol... Des occasions à saisir sur place !

Les grands secteurs de l'activité économique

Les chiffres présentés ne concernent que la région Bretagne administrative et économique excluant la Loire-Atlantique intégrée dans la région Pays de Loire.

La pêche

La pêche représente 53 % des prises nationales. La production annuelle est de 198 000 tonnes. C'est la première région française pour la valeur des produits débarqués soit 2 milliards de francs. 5000 marins-pêcheurs en activité dont 53% dans le Finistère ont été recensés navigant sur une flotte de 2000 bateaux. Le Guilvinec avec 38 000 tonnes, Concarneau avec 29 000 tonnes, Lorient avec 23 000 tonnes sont les premiers ports français après Boulogne. La Bretagne est également la première région conchylicole de France. Elle assure 75% de la production nationale avec 28 000 tonnes de moules, fournit 46% de la production d'huîtres creuses et monte même à 94% pour l'huître plate. La récolte d'algues est également l'un de ses points forts puisqu'elle assure 95% des besoins de l'industrie.

L'agriculture

Première région agricole française, pour la production et la valeur ajoutée, la Bretagne s'enorgueillit d'occuper la première place pour la production animale avec 55% de la production porcine, 50% des volailles, 20% de la production laitière et 15 % de la production bovine. Elle assure également 95% de la production en choux-fleurs et 75% de celle des artichauts. On dénombre 62 000 exploitations et 18 000 km2 de surfaces agricoles utilisées.
L'industrie agro-alimentaire est le premier secteur industriel breton, et dans ce secteur également, la Bretagne se classe au 2, rang des régions françaises.

La recherche

Il faut également souligner que 40% des effectifs de recherche publique dans le domaine de l'électronique et des télécommunications se trouvent en Bretagne grâce, entre autres, au CNET de Lannion, et au CCETT de Rennes. Le secteur tertiaire totalise par ailleurs 65% des emplois bretons grâce, notamment, au milieu bancaire et à la grande distribution.

Les chiffres clés de la Bretagne

(Les chiffres n'englobent pas la Loire-Atlantique dont les résultats sont pris en compte par la région Pays de Loire)

Répartition par secteur d'activité :

Par ailleurs:

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